Le 21 e siècle au Québec

Autrefois puissance religieuse, sociale et politique au Québec, l'église catholique est désormais marginalisée et accusée d'être responsable de presque tous nos problèmes de société. Le dimanche, les stationnements des églises sont vides et ceux des centres commerciaux sont pleins.

Or, cela nous a-t-il rendus plus heureux?

Le pendule fait son mouvement habituel d'un extrême à l'autre. Après avoir été du côté de la pratique aveugle et unanime d'une religion omniprésente, le balancier est passé du côté de la désaffection et du mépris. Pourtant, si les églises traditionnelles sont vides, les sectes en tous genres n'ont jamais été si florissantes, notamment celles qui se donnent des airs diaboliques.

La question spirituelle se pose toujours. Évidemment. Comme à toutes les époques, aux quatre coins de la planète, dans toutes les sociétés humaines.

En fait, il n'y a que deux choix. Ou Dieu existe, ou il n'existe pas. Or, les deux éventualités sont aussi terrifiantes l'une que l'autre. Voilà pourquoi cela nous préoccupe tant, quels que soient notre sexe, notre race, notre âge, notre rang, notre culture, notre époque… bref, notre humanité.

Au-delà des rites, des dogmes, des institutions, des bondieuseries, des fanatismes, des traditions et des visions accommodantes à la mode, quel est le message divin? Pouvons-nous prendre le risque de l'ignorer? Dans le Québec du début du troisième millénaire, n'avons-nous pas besoin d'y réfléchir?

Le 21 e siècle sera spirituel ou il ne sera pas.

André Malraux faisait cette affirmation en plein cœur du 20 e siècle. Il voyait dramatiquement juste. Pour ceux qui croient que le 21 e siècle sera celui de la technologie, voici quelques éléments de réflexion.

À l'heure d'Internet sur le téléphone portable et de la chirurgie au laser, c'est en milliard qu'on compte les humains qui n'ont pas accès à l'eau potable et ceux qui sont analphabètes. À chaque heure , c'est en milliers que se dénombrent les personnes mortes d'avoir bu de l'eau contaminée et les enfants morts de diarrhée.

Pour ceux qui croient que le matérialisme du 20 e siècle a créé un bel équilibre dans le monde, voici encore de quoi réfléchir.

À la fin de l'exercice financier 1999-2000, les 6 grandes banques canadiennes ont déclaré 9,6 milliards $ de profits, l'équivalent de produit intérieur brut (PIB) d'un pays comme le Bénin avec 6 millions d'habitants. Durant la période des fêtes, les Étasuniens dépensent environ 821 milliards $, l'équivalent du PIB de 48 pays africains. Dans les mois entourant le décès du joueur de hockey Maurice Richard, la presse francophone du Québec lui a consacré environ 1 800 articles. Durant la même période, 6 articles ont traité de l'esclavage au Soudan.

Faut-il rappeler les guerres, la surexploitation des ressources, la pollution, l'esclavage (hé oui, encore!) économique des travailleurs, l'esclavage sexuel des femmes et des enfants, le trafic de la drogue (l'activité produisant le plus important chiffre d'affaires au monde!), la violence, la pauvreté chronique dans certains pays et dans certains coins des pays les plus riches? La liste des calamités qui pèsent sur l'espèce humaine remplit chaque jour nos journaux et les bulletins de nouvelles.

Les valeurs molles d'une société en déroute

Deux jeunes se procurent un revolver et appellent un taxi. Une fois à bord, ils tuent le chauffeur juste pour le thrill de le faire. Ce n'est pas un film d'horreur. C'est un fait véridique qui s'est produit dans la très paisible banlieue de Québec. Tout le monde a été choqué par cette histoire qui n'est qu'une plus épouvantable que les autres parmi les centaines que l'on peut apprendre chaque jour.

Pour expliquer le mal de vivre, on invoque la situation économique. Mais le mal de vivre est aussi présent chez les jeunes qui sont encore aux études, qui demeurent chez leurs parents, qui mangent à leur faim et qui ont un toit pour s'abriter. Ce n'est pas là une situation économique si désespérante qu'elle justifie de commettre un meurtre pour le plaisir!

Ce ne sont pas les difficultés économiques qui sont responsables de l'incroyable solitude chez les gens dans la trentaine. La violence familiale et les abus sexuels ne sont pas eux aussi des conséquences directes de la morosité économique.

Au Québec, dans la foulée de la Révolution Tranquille, nous avons remis en question pratiquement toutes nos valeurs traditionnelles. Les lignes directrices se sont faites plus floues, plus imprécises, plus accommodantes devant les préoccupations personnelles. Dans une recherche effrénée de la recette du bonheur individuel, nos repères collectifs sont devenus imprécis, vagues et même contradictoires. En bout de ligne, les gens sont de plus en plus mal à l'aise avec la vie. C'est le cas des jeunes, surtout, chez qui la principale cause de décès est le suicide.

Au cœur de ce mal de vivre, la notion de spiritualité devient de plus en plus cruciale à aborder. Alors que les gens sont tellement mal à l'aise de parler de Dieu, ce sujet constitue la clé de la réflexion que nous devons tous faire.

Alors, parlons-en!

Cessons de tuer Dieu. Il est éternel!

Je te le dis tout de suite, je crois en Dieu. Certainement pas de la manière que l'enseignent les autorités religieuses traditionnelles, mais avec une grande certitude de sa présence.

Certains courants scientifiques tentent d'expliquer l'Univers sans intervention divine. Il y aurait eu le Big Bang originel et tout le reste ne serait qu'une évolution mécanique, une suite d'événements fortuits. Finalement, la vie et l'humanité ne seraient que des hasards insignifiants à l'échelle cosmique! Par contre, il est fascinant de constater à quel point la science doit régulièrement tenir compte de la spiritualité pour progresser. Les plus grands savants, ceux qui sont rendus aux limites actuelles de la science affirment de plus en plus que Dieu est la seule explication de l'Univers.

En bout de ligne, aucune preuve irréfutable et incontestable ne peut actuellement donner raison aux partisans de l'existence de Dieu, ni à ceux qui nient sa réalité. Dieu ne se prouve pas scientifiquement, pas plus qu'il ne peut être tué par un raisonnement humain.

Le plus important est l'évidence qu'à chaque époque de l'histoire de l'humanité, l'essentiel demeure. Dieu est présent. Pour nous, humains, quel que soit notre niveau de connaissance scientifique, quelle que soit notre vision de l'Univers, quelle que soit notre capacité à comprendre la nature de la vie, Dieu demeure l'incontournable explication de notre propre existence.

Par contre, on donne à Dieu un visage très changeant selon les époques et les pays. En tant qu'humains, nous avons tendance à le transformer à toutes les sauces. Selon ce qui nous arrange, nous en faisons tour à tour un Dieu strict ou complaisant, un vague concept d'éthique ou un dictateur moral. Pire, nous allons même jusqu'à nous entretuer pour notre définition de Dieu. Pourtant, Il se situe tellement au-delà des conflits entre croyants et athées, entre catholiques et protestants, entre chrétiens et musulmans ou autres. La recherche de valeurs spirituelles n'est surtout pas un combat où une religion plus qu'une autre doit automatiquement avoir raison.

La recherche de valeurs spirituelles, c'est adopter un comportement en harmonie avec l'essence même de la Vie. Pour atteindre cette harmonie, il faut nécessairement respecter les enseignements du Créateur de la vie, c'est-à-dire de Dieu. Et quand je dis Dieu, je ne veux pas entrer dans les nuances apportées par les humains. Ce n'est pas le Dieu des Catholiques ou des Musulmans ou des Bouddhistes. C'est du véritable Dieu, de l'auteur de la Vie dont je te parle. Le nom qu'il porte selon les époques et les civilisations n'est qu'un détail secondaire. L'important, c'est de croire à l'existence d'un Créateur divin et de respecter les valeurs spirituelles qu'il nous propose.

Pour faire une image simple, je te dirai ceci : il y a un Créateur; c'est de lui qu'origine la Vie. Or, il nous a donné un mode d'emploi de la vie pour que nous soyons heureux. Ce mode d'emploi, ce sont les valeurs spirituelles. Elles ne sont pas contraignantes. Elles ne sont pas faites pour nous empêcher d'avoir du plaisir. Au contraire! Comment peut-on bien profiter de quelque chose si l'on ne sait pas s'en servir, n'est-ce pas! C'est pourquoi j'aime à parler des valeurs spirituelles comme un mode d'emploi de la vie.

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